Réseau de chaleur : écolo et économe !




Depuis le mois de septembre, des travaux d’extension du réseau de chauffage urbain nécessitent d’ouvrir les chaussées dans le secteur de la Préfecture. Les nouvelles canalisations souterraines posées l’entreprise Engie-Cofély et sa filiale E2E (Épinal Énergies & Environnement) servent à raccorder notamment le Conseil départemental, la Maison de Santé Saint-Jean et le lycée Claude Gellée. Ces travaux, qui se terminent en novembre, contribuent à étendre le réseau de chaleur d’Épinal qui alimentera 16 nouveaux sites fin 2019 avec un système de chauffage de haute qualité, plus respectueux de l’environnement et à un coût maîtrisé et sécurisé. Explications.

Le réseau de chaleur : comment ça marche ?

Le réseau de chaleur d’Épinal s’étend sur plusieurs quartiers de la ville : Centre-Ville, La Voivre, La Justice, et La Colombière. Les 30 kilomètres de ce réseau desservent en chauffage et eau chaude sanitaire cent cinquante points de livraison, soit 8500 équivalents logements comme des logements sociaux, des bâtiments communaux, des groupes scolaires, des établissements de santé et des copropriétés privées. Il est alimenté principalement par une centrale de cogénération biomasse approvisionnée par du bois-énergie et qui produit à la fois de la chaleur et de l’électricité (50 GWh / an, soit l’équivalent du besoin de 60 % de la population spinalienne). En complément, le réseau est alimenté par deux chaudières bois et une cogénération gaz. 

Ces trois chaufferies injectent de l’eau chaude à 105° Celsius dans un réseau souterrain de canalisations isolées. Ces tuyaux acheminent l’eau jusqu’aux bâtiments des abonnés. Un système d’échange de chaleur transfère les calories du réseau urbain vers le circuit de chauffage central du bâtiment.  Après avoir échangé sa chaleur, l’eau du réseau urbain retourne vers la chaufferie bois pour être à nouveau chauffée. On distingue donc le réseau primaire, en circuit fermé, qui transporte la chaleur de la centrale de production jusqu’aux postes de livraison des bâtiments, et le réseau secondaire, interne aux bâtiments, qui permet de distribuer la chaleur des postes de livraison jusqu’aux radiateurs des logements. Dans les chaufferies, les poussières et cendres rejetées lors du processus de production de chaleur sont récupérées et revalorisées.


Interview :

Julien Lamotte, responsable du réseau de chaleur urbain d’Épinal chez Engie-Cofély, la société titulaire de la Délégation de service public de distribution de chaleur sur la commune d'Épinal, présente les caractéristiques du réseau spinalien.

Quelles sont les spécificités du réseau de chaleur d’Épinal ?
Le réseau d’Épinal est alimenté à 80 % par une source d’énergie renouvelable locale : le bois. Il évite ainsi le rejet de plus de 19000 tonnes de CO2 chaque année. Il garantit donc un mode de chauffage propre grâce à son fonctionnement assuré par la fourniture de bois, à l’impact carbone plus neutre. Les bâtiments raccordés au réseau de chauffage urbain bénéficient aussi d’une continuité de fourniture de chaleur tout au long de l’année et le confort y est garanti avec une température constante en permanence. La qualité de l’air est améliorée grâce à des moyens de productions centralisés et performants et j’ajoute que l’absence de chaudière dans les bâtiments est un gage de sécurité contre les incendies. 

On comprend donc l’intérêt environnemental mais qu’en est-il d’un point de vue économique ?
Le prix de la chaleur est stable et compétitif car il n’est pas impacté par la volatilité du coût des énergies fossiles comme le gaz, le fioul, ou le charbon. En outre, il bénéficie d’une fiscalité avantageuse avec une TVA à 5,5 % sur toute la facture. Enfin, nous avons contribué à créer environ soixante emplois locaux non délocalisables pour l’exploitation des installations et pour la filière bois.

Peut-on évaluer l’impact environnemental et financier de l’extension du réseau ?
Nous estimons que l’impact pour les nouveaux abonnés raccordés en 2019 se traduit par une économie énergétique de l’ordre de 10 %, et une baisse de 1 270 tonnes de CO2 par an, soit 250 tours de la Terre en voiture. Notre plan de développement se poursuivra en 2020 et prévoit, à terme, une baisse du coût du réseau d’environ 5 %.