Message de Michel Heinrich, Député-maire d’Epinal
lu par Benoît Jourdain, 1er Adjoint au maire
Messe hommage à Philippe SEGUIN
Basilique Saint-Maurice d’Epinal
lundi 11 janvier 2010 – 14h30
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Michel HEINRICH, Député-maire de notre ville, aurait bien aimé être parmi vous en ce jour.
Mais vous comprendrez tous que sa place est aujourd’hui à Paris, aux Invalides, afin de vous représenter à la tête de la délégation d’élus Lorrains pour être une dernière fois aux côtés de Philippe Séguin.
Il m’a demandé de vous lire ce texte qu’il aurait prononcé devant vous.
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C’est avec consternation et une immense tristesse que nous avons appris jeudi matin le décès brutal de Philippe SEGUIN. De toute la France, mais aussi de l’étranger, affluent les messages de sympathie, d’affection et de condoléances.
Toute la classe politique lui rend unanimement hommage. Mais c’est sans nul doute ici, à Epinal, dans les Vosges, que l’émotion est la plus vive.
Philippe SEGUIN avait pour Epinal un attachement particulier.
Cette ville ne l’a jamais vraiment quittée.
Lui, le rapatrié, avait adopté cette terre qui le lui rendait bien. Il éprouvait un plaisir et une fierté particuliers à la faire visiter à ses collaborateurs parisiens.
Il faut aujourd’hui mesurer la chance que nous avons eue de l’avoir si bien connu et d’avoir bénéficié de son action.
Arrivée en cette fin d’année 1977 dans des Vosges secouées par la crise industrielle du textile, il fut élu Député de la 1ère circonscription en 1978. Par la suite, à 5 reprises, les électeurs lui renouvelleront leur confiance.
Il sera maire d’Epinal de 1983 à 1997, ministre des Affaires sociales et de l’Emploi en 1986, Président de l’Assemblée Nationale en 1993 puis Premier Président de la Cour des Comptes en 2004.
Déraciné de sa terre d’Afrique du Nord, pupille de la Nation, Philippe SEGUIN était un homme du peuple arrivé aux plus hautes fonctions par son talent, son travail, son charisme reconnus de tous.
Il était un homme d’une grande intelligence, très cultivé, passionné d’histoire, de sport, de cinéma, de littérature… il était un homme avide de savoir.
Il était un humaniste, un grand républicain qui s’inscrivait dans la tradition du gaullisme social.
Il a toujours privilégié ses convictions à son parcours personnel. Il avait une grande vision et une grande ambition pour la France.
Nous pouvons regretter qu’il n’ait pas pu mettre davantage encore ses qualités au service de la Nation toute entière.
Dans les Vosges, Philippe SEGUIN s’était beaucoup investi pour la ville d’Epinal. Il a tant apporté à cette ville qu’il affectionnait tant.
Il a été un maire emblématique, qui en quelques années a su donner à Epinal un nouveau souffle, un nouvel élan. Il a apporté aux Spinaliens la fierté de leur ville.
Il fallait remporter tous les prix … la ville la mieux fleurie, la plus sportive, la mieux câblée. La meilleure télévision locale de France, le plus bel équipement nautique,… et j’en passe.
Mais ses préoccupations premières allaient à l’intégration de tous, à l’insertion, à l’éducation. L’égalité des chances était ici son obsession.
Dans tous les hommages qui lui ont été rendus dans les livres de condoléances ouverts à l’hôtel de ville, c’est le témoignage de cet instituteur du Plateau de la Justice qui écrit : « Vous étiez l’idole des enfants de l’école Champy » qui l’aurait certainement le plus touché.
Depuis jeudi, j’ai rencontré de nombreux Vosgiens de toutes origines, qui l’ont côtoyé ou approché au cours de ses 24 années passées ici. Tous ont une anecdote, un souvenir.
Personne ne pouvait rester indifférent à cet homme de caractère, tantôt charmeur, enveloppant, à l’œil rieur, tantôt passionné, emporté, tantôt fâché, au regard sombre.
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Oui, Philippe, votre personnalité était très forte, votre intelligence, votre vivacité d’esprit, votre capacité de travail nous impressionnaient.
Il n’était pas facile de rester soi-même face à vous. Mais nous avions de l’admiration et de l’amitié pour vous.
Aujourd’hui que vous nous avez quittés sans crier gare, nous mesurons combien nous vous aimions.
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A son épouse, à ses enfants, au nom de tous les Spinaliens et Vosgiens, je veux exprimer ici l’expression de mes condoléances attristées.